Bar-le-Duc : après l’incendie de la rue Saint-Jean, l’urgence est désormais au relogement et à la sécurisation


08 octobre 2026 - 21 vues

Bar-le-Duc : après l’incendie de la rue Saint-Jean, l’urgence est désormais au relogement et à la sécurisation

 

Cinq bâtiments ravagés, plusieurs dizaines d’habitants évacués et aucune visibilité, pour l’heure, sur la date de leur retour. À Bar-le-Duc, l’incendie qui s’est déclaré dimanche matin dans un immeuble de l’OPH, au 4 impasse des Bleus, continue de peser lourdement sur la vie des riverains de la rue Saint-Jean et des rues voisines.

Il était environ 6 h 30, dimanche, lorsqu’un feu s’est déclaré au premier étage de cet immeuble. Dans ce secteur caractérisé par des bâtis très imbriqués, des planchers en bois et du torchis, les flammes se sont rapidement propagées aux maisons mitoyennes de la rue Saint-Jean. Au total, cinq bâtiments ont été ravagés.

Aucun blessé n’est à déplorer, mais les conséquences sont importantes. Toute la rue Saint-Jean et ses alentours ont été évacués, concernant plusieurs dizaines de riverains. 58 personnes ont pour l’heure été identifiées comme habitant la rue Saint-Jean, un chiffre qui pourrait encore évoluer, certains habitants n’ayant mesuré l’ampleur des dégâts que dans un second temps.

Un secteur toujours interdit d’accès

Depuis dimanche matin, les rues du Roat, de la Moulotte, Saint-Jean, de l’Armurier et de l’Armurerie sont bouclées. Deux arrêtés municipaux ont été pris pour sécuriser le secteur : le premier interdit notamment la circulation piétonne rue Saint-Jean et la circulation sur la voirie, avec une mesure prolongée pour quinze jours. Le second, pris lundi après-midi, interdit toute entrée dans les logements concernés.

Le site reste sécurisé jour et nuit. Plusieurs immeubles présentent en effet des risques, notamment d’effondrement, de glissement de terrain ou de chute de pierres. Devant certaines façades fragilisées, de larges planches de bois ont d’ores et déjà été installées pour les soutenir, notamment au niveau des encadrements de fenêtres.

L’incendie est, lui, éteint depuis mardi 6 octobre au matin, mais la situation reste particulièrement délicate.

Une expertise pour déterminer qui pourra rentrer chez lui

La municipalité a engagé en urgence un référé-expertise auprès du tribunal administratif, afin qu’un expert puisse évaluer précisément l’ampleur du sinistre et les risques liés aux bâtiments.

Cette expertise doit notamment permettre de déterminer quelles habitations pourront être réintégrées et dans quels délais. Elle pourrait également conduire à une interdiction temporaire, voire définitive, d’habiter certains logements.

Pour le maire de Bar-le-Duc, Benoît Dejaiffe, il est donc impossible, à ce stade, de donner une date de retour. La municipalité espère toutefois que l’expertise permettra d’écarter certains logements du périmètre à risque afin que leurs occupants puissent retrouver leur domicile.

Du côté de l’OPH, les premières opérations de sécurisation sont engagées. Mais les travaux à venir s’annoncent particulièrement techniques.

Des habitants privés de leur logement

Dans l’immeuble de l’OPH directement touché par le sinistre, cinq personnes sont actuellement en cours de relogement. Au total, parmi les habitants qui ne peuvent pas regagner leur domicile, 14 sont actuellement hébergés à l’hôtel.

La question d'un relogement plus durable a été posée à plusieurs reprises par les riverains. Là encore, les décisions restent suspendues aux conclusions de l’expertise.

Tous les habitants ont été invités à ne surtout pas retourner dans leur logement sans autorisation, compte tenu des risques encore présents.

Une réunion pour accompagner les sinistrés

Une réunion s’est tenue mardi soir avec les habitants, la Ville, l’OPH, le conseil départemental, la Maison de la Solidarité, les Restos du Cœur, GRDF et l’ADIL. Près de 90 habitants ont été rencontrés afin de les informer sur la situation et de recenser leurs besoins.

Un point d’accueil et d’écoute est ouvert en mairie, aux horaires habituels, afin d’accompagner les personnes concernées et de les orienter vers les dispositifs adaptés.

La municipalité travaille également avec les associations caritatives du secteur. Pour l’heure, aucun appel aux dons n’est lancé, les associations souhaitant d’abord identifier précisément les besoins de chaque famille.

Des solutions mises en place au quotidien

La coupure de gaz a également des conséquences concrètes pour les habitants. Le gaz a été rétabli dans une grande partie du secteur, mais certaines habitations des rues de l’Armurier, de l’Horloge et de la place de la Fontaine restent privées d’alimentation. La Ville travaille avec GRDF pour permettre un rétablissement dans les meilleurs délais.

Pour les personnes privées d’eau chaude sanitaire, des vestiaires sont accessibles au gymnase Bradfer, avec des horaires adaptés :
Jeudi et vendredi : de 8 h à 21 h 30
Samedi et dimanche : de 8 h à 12 h 30
Un accueil et un fléchage sont prévus sur place.

La collecte des déchets, assurée par Meuse Grand Sud, doit également être adaptée puisque les véhicules ne peuvent plus circuler dans le secteur. Une distribution provisoire de sacs est prévue.

Une heure pour récupérer quelques affaires

Mercredi, certains habitants ont toutefois pu retourner brièvement dans la zone interdite afin de récupérer quelques effets personnels. La mairie avait mis en place un protocole strict : les riverains étaient répartis par horaires, à 17 h et 18 h, avec deux points d’entrée dans la rue Saint-Jean, par le haut et par le bas.

Pendant cette courte période, les allers-retours se sont multipliés. Vêtements, valises, caisses et sacs ont été sortis des habitations, chacun tentant de récupérer le maximum de biens personnels, sans savoir combien de temps l’interdiction d’accès allait durer.

Face aux façades fragilisées et aux structures qui menacent encore de céder, la prudence reste cependant la priorité.

Un collectif de sinistrés en préparation

Au-delà de l’urgence, les habitants commencent aussi à s’organiser. Une réunion destinée à envisager la création d’un collectif ou d’une association de défense des sinistrés est annoncée mercredi 14 octobre 2026 à 19 heures, au centre social de Marbot-Hinot. Cette information a été relayée sur Facebook par un internaute et devra donc être confirmée par les organisateurs.

Pour les habitants concernés, une longue période d’incertitude commence. Entre les expertises, les mesures de sécurisation, les questions de relogement et les travaux à venir, le retour à la normale pourrait prendre du temps. En attendant les conclusions de l’expert, une consigne demeure : ne pas prendre de risque et ne pas retourner dans les logements interdits d’accès.